Féminisation des instances dirigeantes

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Féminisation des instances dirigeantes : une réalité en devenir

Quatre ans après la promulgation de la loi Copé-Zimmerman, où sont les femmes ? Si la route s’avère encore longue avant l’atteinte de la parité, les progrès réalisés sont encourageants.

Parallèlement au mouvement initié par l’Union Européenne avec le « Women on Board Pledge for Europe » en 2011, suivi un an après du projet de directive « Women on Boards », la France s’est lancée dans la bataille pour améliorer la représentativité des femmes dans les instances dirigeantes des grandes entreprises. Dès janvier 2011, la loi Copé-Zimmermann a mis les pieds dans le plat : ce texte sur la parité en conseil d’administration et de surveillance vise non seulement les sociétés anonymes (SA) ainsi que les sociétés en commandite par actions (SCA) cotées en Bourse, mais aussi les SA et SCA non cotées dont l’effectif dépasse 500 salariés ou dont le chiffre d’affaires ou le bilan annuel culmine à plus de 50 millions d’euros. Or il y a du pain sur la planche ! Jugez plutôt : le profil type de l’administrateur est un homme de plus de 60 ans, diplômé d’une grande école, le plus souvent Polytechnique ou l’ENA… Pour que ce cliché devienne de l’histoire ancienne, il faut assurer l’équilibre représentatif entre les deux sexes. Le législateur a donc mis en place des quotas : au 1er janvier 2014, les conseils d’administration (CA) et de surveillance (CS) des entreprises visées devaient compter au moins 20 % de femmes. Puis d’ici à 2017, la proportion devra s’élever à 40 % minimum. Les vilains messieurs (et dames ?) qui n’accepteront pas de se conformer à la loi se feront taper sur les doigts, plus précisément là où ça fait vraiment mal : dans leur porte-monnaie. Ils encourront en effet la suspension temporaire de leurs jetons de présence. Sans oublier la nullité des délibérations et des nominations, sauf si ces dernières concernent une femme bien sûr… Depuis 2012, les entreprises et établissements publics ont rejoint le club. Et avec la loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes du 4 août 2014, le prisme s’est encore élargi aux entreprises non cotées de plus de 250 salariés.

Féminisation des instances dirigeantes 2Une progression notable

Grâce à tout cet arsenal juridique et un début de prise de conscience, le changement culturel se met en marche. Près de 2 000 entreprises sont aujourd’hui concernées… Entre 2007 et 2014, la part de femmes membres de CA et de CS a crû de 7 à 30 % ! D’après une étude du cabinet de conseil Spencer Stuart, parue en septembre 2014 et consacrée aux entreprises du CAC 40, la proportion des femmes dans les CA a presque doublé en cinq ans ! Si toutes les sociétés du CAC 40 ont intégré au moins une femme dans leur CA, seules cinq d’entre elles ont déjà atteint le quota de 40 % : Kering, Legrand, Publicis, Société Générale et Technip. Sans surprise, celles évoluant dans un environnement industriel décrochent le bonnet d’âne, comme Renault, ArcelorMittal ou encore Airbus. Si on considère le SBF 120 (Sociétés des Bourses Françaises), on voit là aussi que les choses avancent. Selon le dernier panorama dévoilé chaque automne depuis 2013 par le Secrétariat d’État chargé des droits des femmes, les CA des 120 sociétés concernées comptent 29,1 % de femmes, soit une hausse de plus de 3,1 points sur un an. Sodexo remporte la palme de l’entreprise la plus paritaire. Ce palmarès se base sur le nombre de femmes membres des instances dirigeantes, ainsi que d’autres critères (prise en compte d’objectifs de mixité, présence de réseaux féminins en interne, etc.).

Féminisation des instances dirigeantes 4Un long chemin

En revanche, les organes de décision non concernés par la loi favorisent toujours la testostérone. Dans les comités exécutifs et autres comités de direction, certains « papis » continuent à faire de la résistance. Toujours selon l’étude du cabinet de conseil Spencer Stuart, les « comex » du CAC 40 ne comptabilisaient en 2014 que 49 femmes sur 492 membres, soit à peine 10 %. Dans un quart d’entre eux, pas une femme à l’horizon. D’ailleurs, seules 8 % des grandes entreprises françaises ont « une » P-DG… Idem, dans le palmarès 2014 du SBF 120, le pourcentage de femmes tombe à 12,3 %. Quant aux « codir », ils sont dans leur écrasante majorité des adeptes de la phallocratie. Là encore, Sodexo fait office d’exception, avec six femmes dans le sien ! D’après l’édition 2015 de l’Observatoire Skema de la féminisation des entreprises, qui étudie depuis 2008 la situation des 60 plus grandes entreprises privées françaises, les salariées représentent 34 % du personnel et près de 30 % du management, contre 10,2 % des sièges des « codir » et « comex ». Il reste donc un long chemin à parcourir. Cependant, l’application de la législation d’ici à 2017 devrait sonner le glas à terme de décennies de domination masculine. Car qui dit féminisation des instances dirigeantes, dit aussi recrutement accru de femmes. Selon le cabinet Gouvernance & Structures, les 418 sociétés de son panel d’étude devront créer plus de 500 postes à cet effet. Rappelons en outre que les entreprises dont les CA et autres « codir » sont féminisés enregistrent une performance supérieure aux autres, notamment en termes de gains de capitaux et de dividendes. Sans oublier le chiffre d’affaires… Il ne reste plus aux décideurs courageux qu’à sortir de leur zone de confort pour dénicher les talents au féminin de demain. Au travail, les gars !  

Géraldine Couget
Géraldine COUGET
Comité de rédaction
EST'elles Executive

 

 

 

 

 

 

EST'elles Executive se présente aux travailleurs-euses frontaliers-ères

geric2Notre réseau inaugurait cette année sa participation à la Journée des Frontaliers Lor&Lux, samedi 18 novembre à Thionville.

EST’elles Executive y était représenté par Caroline Chery-Burger, secrétaire et coordinatrice à Metz, Isabelle Spannagel, coordinatrice à Luxembourg et Françoise Streck, membre active de l’association.
Elles ont informé les travailleurs-euses frontaliers-ères désireux-ses de connaître l’association et ses activités, plus particulièrement concernant les antennes de Luxembourg et Metz. >> Lire la suite