Executive MBA : un diplôme peut-il tout changer ?

Carine KristaExecutive MBA : un diplôme peut-il tout changer ?


Pour une femme, décrocher un MBA peut permettre de briser le plafond de verre, de gagner en autonomie et en confiance, et de prendre réellement sa carrière en main. ICN Business School Nancy-Metz propose depuis 2004 un Executive MBA (EMBA), un programme qui compte désormais 30 % de femmes parmi ses recrues. Carine Sonntag, directrice du programme jusqu’en septembre 2015 et professeur d’économie globale, ainsi que Krista Finstad-Milion, professeur en management du changement dans le programme et cofondatrice et présidente d’EST’elles Executive, nous en disent plus.

- Carine, quels sont les grands avantages du programme ?
Il est entièrement en anglais et à portée globale. Ce qui laisse augurer pour les participants un développement potentiel de carrière à l’international. Ils partagent en effet une expérience multiculturelle, puisque les professeurs sont en partie de nationalité étrangère, tout comme certains participants. Sans oublier les trois séminaires obligatoires d’une semaine chacun, en Allemagne, en Chine et aux États-Unis (live case studies). Si une partie du corps professoral est composé de membres d’EST’elles Executive, il n’y a pas d’orientation particulière vers les femmes dans le programme. Nous essayons cependant de respecter l’équilibre vie privée-vie professionnelle et d’adapter le programme au rythme spécifique des femmes. Le facteur clé de succès de ce programme ? Le suivre au bon moment pour garantir un équilibre de vie, s’assurer du soutien de sa famille et de son entreprise. J’insiste particulièrement sur ces points lors du recrutement ! Notons enfin que le recrutement des participants se fait en fonction de leur proximité géographique, car il faut pouvoir se déplacer une fois par mois pour suivre les cours.

- En tant que femme, que signifie pour vous de diriger un tel programme ?
C’est une magnifique opportunité de carrière qui m'a permis de révéler mon leadership et de l'exercer dans ma féminité. Faire un MBA impose de se remettre en question, laisse apparaître des fragilités. Face à ces hommes et ces femmes qui s'investissent entièrement, j'ai trouvé la place d'un leadership qui met à leur service des expériences à haute valeur ajoutée, puisées dans notre école, tout en les aidant à se développer personnellement. C'est une très belle expérience humaine.

- Krista, quand vous dirigiez le programme EMBA, vous avez œuvré pour qu’il accueille plus de femmes…
À l’époque, il n’y avait en effet qu’une seule femme parmi vingt inscrits. Ce déséquilibre avait un réel impact sur la dynamique du groupe. Il fallait donc revoir le recrutement et l’intégration. D’après l’un des membres du comité exécutif à qui j’avais signalé la pénurie de femmes, c’était en raison de la Lorraine, de sa réputation industrielle et de son image minière. J’ai trouvé cette réponse frustrante. Visiblement, personne ne voyait pas la même chose que moi ! J’ai commencé à faire des recherches sur ce qui se pratiquait ailleurs : le taux de participantes à notre programme était le plus faible de France ! Sans compter un problème plus général : la difficulté à attirer des femmes dans un programme aux règles du jeu masculines, qui nécessite aussi temps et argent. Puis un jour, un professeur américain m’a dit qu’il ne pouvait pas assurer son cours de créativité en raison du manque de femmes. Cela ne pouvait plus durer ! J’ai validé auprès du comité exécutif la gratuité de ce cours particulier pour les femmes, puis mobilisé le corps professoral et fait marcher mon réseau pour trouver des candidates. Cinq femmes ont été identifiées et le cours a pu avoir lieu. Il a été très apprécié de tous ! Résultat : d’une femme sur vingt dans le programme, nous sommes passés à quatre sur vingt-cinq l’année suivante. Cela a créé une bonne dynamique, d’autant que l’on avait de nouveaux profils professionnels dans le groupe : communication, langues vivantes, cultures étrangères, marketing, artistes, etc.

- Et c’est aussi grâce à ce programme qu’est née l’idée d’EST’elles Executive…
Effectivement, en 2008, quand Angie Celaya est venue passer l’entretien de recrutement pour suivre l’EMBA, nous avons souhaité créer une journée annuelle autour des femmes. La forme n’était pas encore déterminée, mais l’idée d’EST’elles Executive était née. Ce ne serait pas un club fermé sur l’école, mais un réseau dans le grand Est ouvert aux femmes d’ambition. Le regard des autres a permis d’enrichir la proposition de départ qui, de fil en aiguille, est devenue notre réseau tel que vous le connaissez toutes. Aujourd’hui, des membres, en général des piliers d’EEE, interviennent dans le programme pour partager leur parcours. Ce sont des exemples très enrichissants pour les femmes (et les hommes) suivant l’EMBA !

Pour en savoir plus >> http://www.icn-groupe.fr/fr/formations/professionnels/executive-mba/bienvenue

L’EMBA d’ICN Business School en quelques chiffres


- Création : 2004
- 190 diplômés et 210 inscrits depuis le démarrage
- 30 % de femmes dans la promotion actuelle
- 13 ans d’expérience professionnelle en moyenne pour les participants
- 37 ans d’âge moyen pour les participants
- 25 à 30 % de participants étrangers
- Un programme de 18 mois
- 3 à 4 jours de cours par mois
- 3 semaines de live case studies : Allemagne, Chine et États-Unis