Michèle LARCHEZ

itw2 18

« Les femmes baby boomers ont une place à part entière dans notre société »

Parce que nous connaissons tous une baby-boomer et que ces femmes jouent toujours un rôle de poids dans la société, voici un ouvrage qui devrait en intéresser plus d’une ! Femmes baby boomers, l’autre regard sur la retraite (L’Harmattan, janvier 2018) est signé Michèle Larchez, docteur ès Sciences de l'information et de la communication (CELSA), titulaire d'un master Politiques du vieillissement et silver économie de Sciences Po Paris, et copilote des WBL à Metz. Entretien.

Pourquoi vous être intéressée à ce sujet ?

Dans le cadre de mon master, j’ai écrit un mémoire sur les femmes baby-boomers face à la retraite et découvert un fait de société : pour la première fois dans l’histoire de l’Humanité, une génération entière de femmes, qui a longtemps été en quête d’émancipation et d’autonomie, part à la retraite. Ces femmes ont vécu l’évolution de leurs droits, la condition féminine d’après-guerre, le droit de choisir leurs grossesses, d’ouvrir un compte en banque, etc. J’ai adoré faire ce travail, en partie aussi car il s’agit de ma génération. Je voulais comprendre un peu mieux la façon dont le système appréhende cette période de la vie. Aujourd’hui, on compte 12 millions de baby-boomers en France, qui rassemblent, selon la définition des démographes de l’Ined 1, les personnes nées entre 1945 et 1971. C’est une population tout sauf homogène, avec toutes les catégories de métiers et plusieurs tranches d’âges : seniors actifs (en fin de carrière), jeunes retraités, retraités âgés, et enfin aînés (plus de 80 ans).

Quels sont les enseignements de votre « enquête » ?

Ces femmes se retrouvent pour la première fois avec un revenu, pas toujours extraordinaire, certes, et d’un montant souvent inférieur à celui des hommes 2, mais qui leur permet de jouer un rôle sociétal et de consommer. Ainsi, elles influencent l’acte d’achat ou sont susceptibles de le faire. Il ne faut pas sous-estimer ce pouvoir et d’ailleurs, il serait temps de cesser de parler de « ménagère de moins de 50 ans » ! Ces femmes veulent des produits et des services spécifiques, en particulier culturels, relatifs au tourisme et à la santé. Elles en attendent aussi pour tous les proches qu’elles accompagnent. Les marketeurs suivent donc de plus en plus le mouvement. Par exemple, les agences de voyages développent des offres de vacances spécifiques pour ces femmes et leurs petits-enfants. Les journaux s’adaptent : Notre Temps a lancé Notre temps santé, en 2014 puis Notre temps psycho l’année suivante. De nouveaux magazines dédiés ont fait leur apparition, comme Pep’s en 2014 ou Serengo en 2015, qui cible les 55 ans et plus.

Vous avez souligné le rôle d’aidant des femmes baby-boomers...

Elles sont même majoritaires parmi les aidants 3 ! Ces « tiers de confiance » accompagnent ceux qu’elles aiment, dont leurs aînés, qui sont parfois aussi leurs beaux-parents. Par exemple, à l’occasion d’un divorce, elles accueillent leurs enfants adultes ; elles contribuent à financer aussi parfois les études de leurs petits-enfants. Si l’État devait assurer tous ces services relevant de la solidarité, il ne pourrait pas suivre ! Ces femmes sont véritablement des piliers de la famille, très à l’écoute de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Ces mamies branchées et connectées — on compte autant d’internautes de moins de 25 ans que de plus de 55 ans ! — s’investissent particulièrement dans le social, le culturel et l’associatif. Elles lisent énormément et continuent pour beaucoup à travailler afin de bénéficier de tous leurs trimestres, en raison d’une carrière parfois en pointillé 4. Elles se veulent authentiques, libres et pleinement actrices de leur temps 5, comme beaucoup de leurs homologues masculins. Il me semble essentiel que tous les secteurs d’activité prennent donc en compte cette évolution et cette nouvelle donne !

Pour en savoir plus : http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?...

© Géraldine COUGET
EST'elles Executive


1 Institut national d’études démographiques.
2 Le Rapport Moignard note que « les femmes âgées de 65 à 69 ans perçoivent aujourd’hui 56 % du montant moyen de l’avantage principal de droit direct des hommes, contre 41 % pour celles ayant plus de 85 ans » .
3 Sur 8,3 millions d’aidants, 77 % sont des femmes (Centre d’analyse stratégique – « Note de veille sur les aidants »).
4 En 2011, elles étaient ainsi deux fois plus nombreuses que les hommes à continuer de travailler jusqu’à 65-66 ans pour compenser une carrière incomplète.
5 Anne Gilet, rédactrice en chef de Serengo, décrit la femme de plus de 55 ans en France, « bien dans sa tête et dans son corps ».

Laurence de la Ferrière

Laurence 2« Il est essentiel de cultiver sa liberté d’être »

L’exploratrice alpiniste et aventurière Laurence de la Ferrière, conquérante de l’Antarctique devant l’Éternel, sera l’une des invitées phares de la prochaine édition du « Manager de demain est une femme. Êtes-vous prêt(e)s ? », le 13 juin à Metz. L’occasion de l’interroger sur sa façon d’envisager le changement de cap. Interview.

Quelle est votre vision du « changement de cap » ? Et notamment pour une femme ?

Pour moi, cela s’illustre par un événement qui m’a profondément marquée, quand j’ai entamé ma seconde expédition en Antarctique. En quittant le Pôle Sud, j’ai fait confiance à mon seul instinct pour me diriger. Le premier soir, j’ai posé mon camp et allumé le GPS pour connaître la direction à prendre le lendemain. Or il m’a indiqué la direction inverse ! J’ai vécu un grand moment de désarroi et de déstabilisation. Dans une expédition de cet acabit, où la part d’inconnu est énorme, le GPS est le seul appareil auquel on puisse se fier a priori. Or il s’est avéré que quand il se trouve trop près du Pôle, donc du point zéro de la latitude et de la longitude, le GPS est incapable de calculer une direction. J’ai alors compris que le matériel, c’était bien, mais que la confiance en l’être humain et ses capacités était plus forte. La confiance en soi est le maître mot. S’il faut changer de cap, l’être humain ne doit pas s’inquiéter, mais mener sa propre réflexion et suivre son intuition. Les femmes semblent plus douées que les hommes dans ce domaine, leur instinct est en général plus développé, peut-être pour compenser une moindre force physique ? Elles semblent aussi appréhender le changement plus facilement.

Laurence 5Quelles qualités faut-il développer pour mener à bien un changement de cap ?

Il faut du courage, oser se lancer, favoriser la confiance en soi et se montrer tenace quoi qu’il arrive, aller au bout du mouvement. Cependant, le poids de la société et le regard des autres sont très restrictifs… Il me semble pourtant essentiel de cultiver sa liberté d’être, de se mettre en situation de découvrir des qualités dont on ignorait l’existence. Abattre les obstacles nécessite de l’énergie ; accepter de faire face aux difficultés (voire à l’impossible !) permet à terme de développer différentes facettes de sa personnalité. Après ma première expédition en Antarctique, la première jamais effectuée par une femme, mes sponsors souhaitaient que je reparte immédiatement. J’étais bien entendu d’accord et leur ai proposé la traversée intégrale de l’Antarctique sur un parcours que le Norvégien Borge Ousland venait de réussir, donc plus rassurant (enfin, si l’on veut !). Il m’avait en effet donné de précieuses informations. Mais la veille du départ, le financement a été annulé. C’était comme une claque, je ne m’y attendais pas du tout ! J’avais l’impression qu’on brisait mon élan. Mon abattement a duré deux jours… Au bout d’une semaine, j’ai « revu ma copie » et décidé de partir en territoire inconnu de tous : être le premier être humain à découvrir le chemin menant du Pôle Sud à la Terre Adélie. Si j’ai réussi cet exploit, c’est aussi grâce à cet obstacle que j’ai osé franchir. Le changement de cap est presque toujours déclenché par des événements plutôt négatifs. Au final, cela peut permettre d’accomplir quelque chose de beaucoup plus beau, plus grandiose que prévu. Il en naît une sorte de fracture qui apporte quelque chose de plus intéressant et d’exaltant qu’imaginé au départ. Il faut garder courage et confiance dans le fait que les événements s’organisent en fonction de sa manière d’être. Être à l’écoute de soi, des signes et de l’univers. Enfin aujourd’hui, le changement est inhérent à nos vies et il paraît donc indispensable de le considérer positivement.

Laurence 4Vous nous faites l’honneur de participer au « Manager de demain est une femme. Êtes-vous prêt(e)s ? ». Que pensez-vous des réseaux féminins ?

Quand j’étais plus jeune, je trouvais cela ennuyeux et quelque part, je n’avais pas vraiment l’impression d’avoir les mêmes préoccupations. Puis je me suis aperçue avec les années que cela créait beaucoup de complicité, du bien-être même. Aujourd’hui, je n’ai plus aucune envie de m’en priver ! Il me semble très intéressant de mettre en exergue les ressorts propres aux femmes. J’ai même fait partie à un moment de Femmes Forum, le réseau cofondé en 1984 par Éliane Victor, la veuve de Paul-Émile Victor. Aujourd’hui, j’interviens souvent au sein de réseaux de femmes entrepreneurs. C’est très enrichissant pour moi, car on me pose des questions de femme, ce qui me renvoie à une dimension passionnante. Et cela va dans les deux sens : les membres comprennent que je suis une femme comme elles et trouvent dans mon parcours des points communs avec le leur.

Vous ne connaissiez pas EST’elles Executive avant que nous vous sollicitions. Pourquoi avoir accepté notre invitation ?

Le contact avec Christine Mavon a été très sympa, dynamique ! Elle a fait preuve d’ouverture et de tant d’enthousiasme, adoptant une approche très éloignée des contacts institutionnels, que je ne pouvais pas refuser la sollicitation ! Je me retrouve complètement dans cet allant et me réjouis de communiquer le 13 juin dans ce sens-là. Je donnerai tout ce que je peux et je suis sûre que je recevrai beaucoup en retour. J’aimerais insister sur la prise de conscience de la liberté d’être et sur la confiance en soi, dans son entourage, ainsi que dans son orientation. La confiance est indispensable. Il faut le marteler encore et encore ! C’est elle qui permet de s’épanouir et d’aller dans des directions non envisagées. Il faut souvent échouer pour mieux réussir. Certes, c’est le garant d’un parcours souvent compliqué, mais on vit des moments incroyables et au final, cela vaut vraiment le coup.

 

 

Laurence de la Ferrière en quelques mots

Née au Maroc, Laurence de la Ferrière a découvert l’alpinisme vers l’âge de 20 ans. Après avoir gravi des sommets vertigineux dix ans durant, elle s’est attaquée aux immensités glacées du Groenland, de la Sibérie, et surtout de l’Antarctique, devenant d’abord la première femme à en faire la traversée en solitaire au Pôle Sud, puis le premier être humain à défricher des territoires restés jusque-là inexplorés (lire l’encadré) du continent blanc (du Pôle Sud à la Terre Adélie). Auteur de plusieurs films et vedette d’un documentaire, « Seule en Antarctique », retraçant son épopée incroyable, Laurence de la Ferrière met désormais sa connaissance des froids extrêmes et de la survie en milieu hostile au service des entreprises qui ambitionnent de dépasser leurs limites.

Pour en savoir plus : www.laurencedelaferriere.com

Florence petit

 

Quelques repères

1984 - Kangchenjunga (8505 m) et Annapurna (8091 m) - Tentative hivernale (Face Nord - Népal)

1985 - Nanga Parbat (8125 m)

1991- Sibérie Orientale - Exploration sur la banquise du détroit de Béring

1992 - Everest
- Record mondial féminin d’altitude sans oxygène à 8700 m (Face Sud - Népal)

1994 - Aconcagua (7012 m)

1995 - Groenland -
Traversée en autonomie totale et à la voile

1996/1997 - Antarctique
- Première traversée française en solitaire au Pôle Sud

1999/2000 - Antarctique
- Première traversée au monde en solitaire de l’Antarctique, du Pôle Sud à la Terre Adélie en passant par Dôme C. Seule femme au monde à avoir traversé intégralement l’Antarctique.

2006 - Grande traversée des Alpes,
de Puchberg (Autriche) à Menton (France) au bord de la mer



Nathalie GALAMPOIX

nath g« Quel que soit le domaine, je m’y consacre toujours à fond »

Dynamique et investie à 100 % dans tout ce qu’elle fait, Nathalie Galampoix, ancienne copilote des Causeries d’EST’elles Executive à Metz, a repris à l’été 2016 une pizzeria au Luxembourg. Portrait d’une entrepreneure aguerrie, déterminée à relever un nouveau défi.

Avant de tomber dans la marmite de l’entrepreneuriat, Nathalie Galampoix a connu un parcours réussi de salariée dans la location de voiture chez des loueurs de renom : « J'ai démarré en Lorraine comme commerciale, puis suis devenue commerciale grands comptes en Alsace, avant d’être promue chef des ventes à Paris et enfin directrice des ventes France. » C’est à cette époque qu’elle a attrapé le virus de la création d’entreprise, ouvrant en 2006 un petit établissement en banlieue parisienne, à la fois restaurant et épicerie italienne. « L'aventure a duré près de cinq ans, se rappelle-t-elle. Cela m’a appris à gérer les horaires, à me montrer vigilante en termes d’achats. La restauration est un secteur complexe, où il n’est pas évident de réussir. Cette expérience m’a donné en tout cas le goût de la retenter un jour ! » En attendant, l’envie de transmettre ses connaissances chevillée au corps, Nathalie a misé sur son expérience de plus de quinze ans de management pour créer une entreprise de formation à la vente et au management au Luxembourg.

Un planning très serré

Aujourd’hui, même si elle continue à donner des formations, Nathalie a décidé de relever un nouveau défi en reprenant en juillet 2016 à Luxembourg un petit commerce de restauration : « Planet Pizza avait le potentiel qui correspondait à mes attentes. C'est pour moi le retour à une activité que j'aime et qui est ancrée en moi. Mes parents ont eu des restaurants et j'ai grandi dans cette ambiance. Je crois bien que l’envie de faire comme eux ne m'a jamais lâchée ! » Pour le moment, c’est elle qui prépare les pizzas avec l’aide d’un autre employé. L’effectif s’élève à quatre temps pleins et un temps partiel. Pour Nathalie, qui travaille sept jours sur sept, le planning est compliqué : elle est aux fourneaux de 7 h 30 à minuit, car son établissement sert ses clients pour le déjeuner et le dîner. « Et je continue à donner des formations un jour par semaine, le lundi, seul jour de fermeture de Planet Pizza, car j’ai un contrat à l’année dans une entreprise luxembourgeoise. D’autres sessions de formation sont déjà prévues au premier semestre 2017, donc je ne sais pas encore comment je vais m’organiser. Mais je vais y arriver ! »

Nath GProduits locaux et de qualité

Outre un chef cuisinier, Andréa Romano, qui a pris ses fonctions le 1er décembre 2016, Nathalie a besoin d’embaucher une autre personne pour dégager du temps afin de développer son projet de ciblage des entreprises pour la livraison de repas : « J’ambitionne de proposer des plats à base de produits locaux et de qualité. Le chef cuisinier va refaire la carte dans cette optique. Il va également s’occuper de la gestion des fournisseurs, des stocks et des commandes, ce qui va me soulager dans mon planning. » Nathalie ne veut en effet surtout pas être un snack de quartier ! Elle a déjà supprimé la moitié des plats proposés sur la carte et éliminé un maximum de produits congelés, notamment le poulet et les hamburgers. Dans ce type d’activité, ce qui est difficile, c'est de prévoir le quotidien : « Dans la petite restauration, on cartonne une semaine et la suivante est plus calme. La gestion des stocks n'est pas toujours simple non plus. Surtout, pour que ça marche, il faut que toute la famille adhère au projet et le soutienne. À la maison, tout est une question d'organisation pour la préparation des plats, la gestion des devoirs, etc. J’essaye aussi de toujours trouver du temps pour discuter avec mes enfants, deux grands ados qui peuvent m’attendre le soir ou viennent m’aider parfois à la boutique. »

Tout donner

Avec un tel emploi du temps, Nathalie ne peut plus être aussi investie qu’avant dans l’animation d’EST’elles Executive. Longtemps copilote des Causeries messines, elle a accompagné avec toute la générosité qui la caractérise ses camarades de l’antenne luxembourgeoise lors du lancement en avril 2016 : « Je leur ai fait profiter de mon expérience, les ai aidées à développer le réseau et leur ai donné des conseils au démarrage. » Mais aujourd’hui, tout tourne autour de son nouveau
« bébé » : « J'aime travailler, me surpasser et me mettre au défi en permanence. Lorsque je démarre une aventure, cela demande beaucoup d'investissement en termes d’horaires, jusqu'à ce que la qualité que je cible commence à se dessiner. Je vise évidemment toujours le meilleur, et que ce soit dans le commerce ou la formation, je suis toujours à fond. Je n’ai pas besoin d’autre chose aujourd’hui, car je suis totalement investie dans ce projet et la stratégie de développement me prend tout mon temps. Il faut en effet tout donner, au moins pendant la première année, sinon ça ne peut pas marcher ! »

© Géraldine COUGET
EST'elles Executive
© Photos : à gauche Patricia Franchino ; à droite Nelly Valais

Anne SCHNELL

Anne1De salariée d’EDF à créatrice d’une maison de couture

En créant et en développant avec succès à Nancy sa propre maison de couture dédiée aux robes de mariée, Anne Schnell donne au made in Lorraine une touche d’élégance et de grâce. Portrait d’une entrepreneure attachante et déterminée, qui ose le développement international.

La couture, c’est sa passion… dont elle n’a fait son métier qu’à 40 ans : « Ma mère cousait beaucoup et depuis l’âge de 10 ans, j’ai toujours été en contact avec une machine à coudre. Je suis très manuelle ! Pourtant, je n’ai pas passé de diplôme de couture. Mes parents m’ont plutôt encouragée à poursuivre des études plus traditionnelles au-delà du bac. Je suis ensuite entrée chez EDF où j’ai travaillé pendant une bonne quinzaine d’années. » Parallèlement, Anne a mis au monde deux enfants. Ce qui ne suffisait pas à son bonheur : avec son mari, Philippe, ils en souhaitaient ardemment un troisième. « Notre cadeau du Ciel est arrivé en 2001, dix ans après la naissance du premier, dit-elle dans un sourire. J’en ai profité pour demander un congé parental, ce qui m’a permis de coudre de plus en plus. C’est vraiment devenu ma passion. » Pourquoi ne pas en faire son métier ? Soutenue à 100 % par Philippe, elle s’est renseignée, a saisi les opportunités et participé à des forums dédiés à la création d’entreprise : « À l’issue de mon congé parental, c’était décidé : je ne reprendrais pas mon poste salarié ! J’ai démissionné et me suis mise à mon compte en tant que couturière. »

Le réseau, accélérateur de développement

Anne2Au début, Anne a démarré modestement, installant son atelier à domicile et se rendant chez ses clientes munie de sa précieuse machine à coudre. L’une d’elles lui a un jour parlé d’un local à louer. La couturière a saisi la balle au bond : « Au bout de deux ans, j’ai embauché ma première salariée, Mylène, qui est aujourd’hui chef d’atelier. En mars 2004, CréAnne, ma propre maison de couture, est devenue réalité. Le bouche-à-oreille a fait son œuvre et notre activité s’est bien développée. Philippe m’a beaucoup aidée aussi, car c’est un grand communicant, qui a mis ses réseaux physiques, puis sociaux, dans la boucle. Il m’a aussi encouragée à participer à des concours . Rapidement, Mylène et moi nous sommes senties à l’étroit et il a fallu déménager. » Depuis 2008, Anne et son équipe occupent un bel atelier à Villers-lès-Nancy. Pour l’acquérir, l'entrepreneure est passée devant une commission pour décrocher un prêt à taux zéro. Pari gagné.

Technicité et création d’emploi

Si CréAnne s’est spécialisée dans la confection de robes de mariée, cela n’a pas toujours été le cas. « Les premières demandes ont été faites un ou deux ans après mon installation, se souvient Anne. Mylène est diplômée des métiers d’art et a travaillé dans l’univers des costumes de scène et de théâtre. Je l’avoue, j’adore les robes de princesse ! La création de ces tenues est donc venue naturellement, remplaçant progressivement la confection plus classique. » Pourtant, juste avant le déclenchement de la crise économique, notre artiste a souhaité assurer ses arrières en ouvrant un service de retouches : « Au bout d’un an, j’ai remarqué que la demande de belles pièces augmentait. J’ai donc décidé de me concentrer uniquement sur les robes de mariée. » Un excellent calcul ! Quel est le secret d’Anne ? Ne surtout pas déguiser sa cliente en mariée, qui doit au contraire se sentir à l’aise et être reconnue par ses proches. « Pour répondre aux besoins très particuliers d’une future mariée, qui veut “la” robe pour le plus beau jour de sa vie, il faut l’écouter, essayer de cerner sa personnalité, sans oublier le savoir-faire et une haute technicité, explique-t-elle. C’est aussi un travail d’équipe. Avec mes quatre employées, nous échangeons en permanence. Enfin, il y a une forte part d’émotion : les larmes des clientes ou de leurs parents sont contagieuses. On pleure tout le temps chez CréAnne ! »

Anne3Objectif : l’international

Dans un univers très concurrentiel, Anne Schnell a réussi à tirer son épingle du jeu. Pour continuer à développer sa clientèle, elle communique beaucoup, participe à des défilés et des salons, investit dans des manifestations parfois onéreuses, se perfectionne techniquement. Toujours en proie au doute, elle ne se repose jamais sur ses lauriers. « Je ne travaille pas à échelle égale avec les chaînes, qui ont des techniques de vente très différentes des miennes, souligne-t-elle. Je tiens à ce que notre production reste essentiellement française et je sensibilise aussi mes partenaires (wedding planners, etc.) à cela. Notre but est de toujours proposer une qualité parfaite pour que nos clients en parlent ensuite autour d’eux. » Pour 2016, la créatrice ambitionne de développer la distribution en Lorraine, voire dans l’Hexagone, des tenues de la toute première collection de CréAnne. Des robes au charme unique et intemporel, quasi de luxe, mais à un prix abordable. Elle envisage même à terme une expansion à l’étranger, au Liban ou en Russie. Le réseautage EST’elles Executive lui a permis d’habiller sa première mariée russe dans une robe qui portait, par hasard, le prénom de sa mère, Tatiana, avec mise en scène devant un château en Lorraine et même la place Rouge à Moscou. The sky’s the limit…

© Géraldine COUGET
Equipe de rédaction EST'elles 

  • Elles osent

    • Michèle LARCHEZ

      Michèle LARCHEZ

      « Les femmes baby boomers ont une place à part entière dans notre société » Parce que nous...

    • Laurence de la Ferrière

      Laurence de la Ferrière

      « Il est essentiel de cultiver sa liberté d’être » L’exploratrice alpiniste et aventurière Laurence...

    • Nathalie GALAMPOIX

      Nathalie GALAMPOIX

      « Quel que soit le domaine, je m’y consacre toujours à fond » Dynamique et investie à 100 % dans...

    • Anne SCHNELL

      Anne SCHNELL

      De salariée d’EDF à créatrice d’une maison de couture En créant et en développant avec succès à...

    • Florence LEGROS

      Florence LEGROS

      Une femme d’exception aux commandes d'ICN Business School Affable, directe, chaleureuse, Florence Legros,...

    • Isabelle KOHL

      Isabelle KOHL

      Une femme qui ose saisir sa chance ! Un exemple à méditer Isabelle KOHL, est une jeune femme...

    • Anne LASZLO

      Anne LASZLO

      Itinéraire d'une écrivaine entre deux rives Européenne et rhénane, auteure et journaliste,...

    • Jeanine DOPPEL

      Jeanine DOPPEL

      Ténacité + Engagement = Un parcours gagnant Lauréate des trophées des femmes et  l’économie 2014 en...

    • Christine MORIN-ESTEVES

      Christine MORIN-ESTEVES

      Transformer les difficultés et les épreuves en réussite Christine MORIN-ESTEVES : fraiche,...

    • Christelle GOURRIER

      Christelle GOURRIER

      Un rêve, un projet, une entreprise Portrait d’une jeune femme qui a la tête sur les épaules et...