EST'elles Executive présente à la Journée des Frontaliers Lor&Lux

geric2Notre réseau inaugurait cette année sa participation à la Journée des Frontaliers Lor&Lux, samedi 18 novembre à Thionville.

Pour la 6ème année, cet événement était organisé conjointement par Géric, centre commercial qui accueillait les exposants dans sa galerie marchande et par l’AFAL et l’ASSCOFISC, associations au service des frontaliers.
Cette édition 2017 regroupait 35 exposants des domaines de l’emploi, du conseil, des services, de la fiscalité, la banque, l’assurance, le transport, les média, la culture et les loisirs.

EST’elles Executive y était représenté par Caroline Chery-Burger, secrétaire et coordinatrice à Metz, Isabelle Spannagel, coordinatrice à Luxembourg et Françoise Streck, membre active de l’association.
Elles ont informé les travailleurs-euses frontaliers-ères désireux-ses de connaître l’association et ses activités, plus particulièrement concernant les antennes de Luxembourg et Metz.

Il faut noter que plus de 90 000 frontaliers se déplacent quotidiennement au Luxembourg pour y travailler dans tous les types d’activités.
Ceci représente un important potentiel de femmes en recherche d’un espace de discussion et de partage d’expérience comme le nôtre ; un réseau ouvert à tous les profils et engagé pour la valorisation des talents féminins, professionnels et citoyens.

© Caroline CHERY-BURGER
EST'elles Executive

Sybille Persson, ou l’art et la manière de se réinventer

C’est une femme brillante. Professeure, directrice adjointe de la recherche et responsable scientifique de l’école de coaching ICN Business School, Sybille Persson a confié avec une grande éloquence et beaucoup de simplicité sa vision du thème de la journée.

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Pour montrer comment elle s’était elle-même réinventée à plusieurs reprises, Sybille a rappelé trois temps forts de son propre parcours. « Alors que je vivais une période en demi-teinte dans ma vie professionnelle comme privée, j’ai décidé de retourner à la fac, puis de passer en libéral. Je me suis investie dans la sphère professionnelle, car ma vie personnelle n’était pas celle que je voulais. » Puis nouveau changement de cap : Sybille a intégré ICN et divorcé. « J’ai quitté la formation continue pour la recherche et vécu alors une période ascétique, où j’ai notamment appris la gymnastique de l’écriture. » Enfin, le chercheur a vécu des années qu’elle qualifie de « crayons ». « Après ma thèse, je suis entrée dans la recherche tout en gardant un pied dans l’entreprise. C’était un déséquilibre à gérer au quotidien. C’est alors que j’ai eu un coup de foudre intellectuel pour un philosophe helléniste devenu sinologue, François Jullien. » Après un voyage en Chine, Sybille est rentrée en France transformée.

Sept points clés pour avancer

Dans l’Empire du Milieu, la notion de changement et de réinvention fait partie intégrante de la philosophie de vie. Se basant sur ses connaissances approfondies de la façon de penser dans ce vaste pays, Sybille Persson a livré à l’assistance les sept points clés qui selon elle s’avèrent réellement efficaces pour engager et réussir un changement de cap :

  1. Réguler son effort :
    « La vie est un marathon plutôt qu’un sprint. C’est là une mesure de santé au travail ! »
  2. Renoncer à l’excellence (toujours et partout), car cela épuise.
    « Mieux vaut se concentrer sur ce que l’on sait mieux accomplir que les autres. On devient ainsi excellent sans faire d’effort ! »
  3. Digérer.
    « On ne sait plus le faire en entreprise, notamment pour les blessures du travail. Il faut laisser faire le temps, qui est notre allié. »
  4. Apprendre à être attentif au potentiel des situations dans lesquelles on se trouve.
    « L’art et la manière de se réinventer n’est pas personnel, mais plus souvent le fruit de rencontres et de la capacité à discerner son propre potentiel. »
  5. Se faire accompagner pour mieux mobiliser et actualiser ce qui est latent chez soi.
    « Il faut échanger. Les réseaux féminins constituent notamment un outil de réussite et de digestion des blessures. »
  6. Savoir s’oublier pour mieux se (re)trouver.
    « Oubliez la psychologie. Vous êtes parfaites comme vous êtes ! L’environnement est changeant, il existe des opportunités pour se réinventer. »
  7. Récolter sur la durée les meilleurs résultats.

Elles l’ont fait !

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Ces six femmes inspirantes du Grand Est ont osé changer de poste, de métier, de vie et ont surmonté tous les obstacles ! Elles ont raconté leur parcours lors d’une table ronde passionnante. Morceaux choisis.

  • Marie-Anne Plagnet, docteur en économie et chercheur chez EDF, passée à la stratégie et à la production dans une centrale nucléaire :
    « Très peu de femmes évoluent d’une fonction centrale à de la production. En général, elles font le mouvement inverse. Ce changement de cap s’est traduit pour moi par un déménagement. J’ai dû quitter Paris, mais toute la famille m’a suivie en province. Pour relever ce type de défi, le lâcher-prise est nécessaire. Il faut se mettre en danger, prendre des risques, cela permet d’aller plus loin, d’être plus créatif. »

  • Patricia Wirth, mandataire judiciaire à la protection des majeurs devenue professeur de yoga :
    « Je ne voulais pas passer à côté de ma vie... Au bout de quinze ans d’activité, j’étais de plus en plus assaillie par de petits maux le matin avant d’aller au travail. Je me suis demandé si j’étais à ma place et j’ai compris que non. À quoi aspirais-je fondamentalement ? J’ai pris une année sabbatique et voyagé en Inde, au Népal, au Sri Lanka et en Birmanie. Au retour, j’ai eu peur et repris mon travail. Mais mes maux sont revenus. J’ai donc démissionné pour ne pas avoir de regrets, m’autoriser à être moi, écouter mon cœur et non mon mental. En septembre 2017, je vais faire ma cinquième rentrée d’enseignement du yoga. Ma vie professionnelle m’apporte équilibre financier et personnel. Je suis très épanouie ! »

  • Lætitia Michel, salariée au Luxembourg et développant parallèlement une activité de marketing collaboratif :
    « J’ai été embauchée dès la sortie de l’école. Il y a quelque temps, une collègue et amie qui suivait une formation de coaching m’a proposé d’être son cobaye. J’ai compris grâce à ce travail que j’avais envie de me sentir utile aux autres et indépendante. Comment faire ? J’ai tâtonné puis découvert un jour et adopté le concept de marketing collaboratif, avec un produit qui me plaît, l’aloé véra. Mais je reste prudente pour le moment. J’ai un bon salaire et deux enfants... J’occupe aujourd’hui mon poste à 80 % et consacre tous mes vendredis à ma seconde activité, que je construis. Je me donne trois ans, jusqu’à mes 40 ans, pour qu’elle devienne la première ! »
  • Laingo Laza, biologiste et communicante, en passe de créer son entreprise :
    « À mon dernier poste, il y avait une mauvaise ambiance, les effectifs étaient en baisse. J’avais 40 ans et ai décidé de devancer les événements pour ne pas subir et choisir plutôt ce que j’allais faire de ma vie. Je souhaitais depuis longtemps allier communication et mode. J’ai donc suivi une formation de stylisme-modélisme. Le décès accidentel de ma colocataire m’a donné encore plus l’envie d’y aller, de faire un choix qui me correspondait. Aujourd’hui, mon projet est en cours de montage et je traverse quelques difficultés financières. Mais je n’ai aucun regret, car j’ai su saisir des opportunités, demandé de l’aide et fait mes propres choix. »

  • Florence Maire, juriste BPALC, aujourd’hui à la tête de plusieurs agences bancaires :
    « Après mon DESS en 2005, je suis entrée dans la banque en tant que juriste contentieux recouvrement. J’ai progressé et suis devenue responsable du service. Fin 2012, j’ai eu le sentiment d’avoir fait le tour de mon poste, j’avais besoin de nouvelles perspectives. J’ai donc émis le souhait de changer. Je me suis lancée dans le réseau et ai suivi une formation complémentaire pour développer le côté commercial. En 2013, j’ai pris la direction d’une succursale à Thionville, où en fait, j’étais de nouveau junior ! Cela a entraîné beaucoup de questionnement, mais c’était très enrichissant. En 2017, à 34 ans, je suis devenue directrice groupe, soit huit agences à Épinal. C’est un grand bouleversement. »

  • Elizabeth Ascherl, ex-formatrice en langues ayant créé son entreprise :
    « En 2011, parallèlement à mon activité, j’ai donné des cours d’anglais à l’ENA. Cela a changé ma vie. J’avais notamment des élèves ayant repris leurs études à 35-40 ans. Cela m’a fait réfléchir profondément sur ma propre vie. J’ai alors décidé de quitter ma PME pour une grande entreprise internationale. J’ai passé un MBA. Pendant tout le programme, mon mari m’a encouragée, même s’il gagnait moins bien sa vie que moi. Je suis sortie major de ma promotion en 2015, j’ai postulé, passé des entretiens, puis échangé avec des personnes en poste. C’est alors que j’ai compris que... ce n’était pas pour moi ! Le hasard faisant bien les choses, mon premier patron m’a alors contactée pour me proposer de m’associer. Ensemble, nous avons créé en 2016 LingoFacto, qui propose des formations en langues et en communication. Aujourd’hui, je suis très heureuse et épanouie, notamment car j’ai pu mettre mes propres valeurs dans l’entreprise. »

Consulter la suite du BIlan 2017 de la Journée « Le Manager de demain est une femme. Etes-vous prête ? » :

© Géraldine COUGET
EST'elles Executive
© Photos : Nelly Valais

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À épopée exceptionnelle, femme hors du commun

La projection du film « Antarctique », qui retrace l’incroyable épopée de l’aventurière française Laurence de la Ferrière au Pôle Sud, fin 1999-début 2000, a profondément marqué la salle, très impressionnée et admirative du courage de cette femme, la seule au monde à avoir effectué une telle traversée. Invitée d’honneur de cette septième édition, l’exploratrice a apporté son témoignage sur cette odyssée hors du commun et partagé sa vision du changement de cap. En toute simplicité.

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Elle se définit comme une femme libre, avec son libre arbitre. Pour Laurence de la Ferrière, « il n’a jamais été question d’abandonner, même dans les moments de désespoir, que j’ai exprimé avec violence pour m’en libérer. Il me fallait faire preuve d’une grande ténacité. Je voulais me remettre en question dans un endroit où personne ne pouvait interférer avec moi, pour apprendre à me connaître, sans être influencée. » D’où l’idée de faire cette traversée de l’Antarctique, mue aussi par une immense curiosité : qu’y avait-il derrière ? Et encore derrière ? Comme elle l’a souligné, « le potentiel d’un être humain n’est pas limité, si ce n’est par la mort ».

Un animal de l’Antarctique

Interrogée justement sur la peur de mourir, l’aventurière, qui a fêté ses 60 ans cette année, a expliqué que la force venait de l’esprit. « C’est une maîtrise qu’on acquiert petit à petit, un équilibre à trouver entre apprentissage, entraînement et confiance en soi. Je me suis interdit de penser à des choses négatives pendant l’expédition. J’ai bien sûr senti le danger de mort, mais rien ne devait m’affaiblir. Je ne m’autorisais à penser à mes deux filles que quand tout allait bien ! »

Le film a notamment permis de constater l’extrême rigueur des conditions climatiques. Dans ce cadre, comment maintenir le cap ? « Sur soixante-treize jours d’expédition, j’en ai eu soixante de non-visibilité. C’était comme si je rentrais dans un mur ! Pour parer à cela, d’autres sens se développent. On engage avec soi un discours très intime, on fait un voyage intérieur autant qu’extérieur. C’est très violent d’être en solitaire, on prend tout en pleine face, le froid, le poids du traîneau (150 kg), difficile à faire glisser sur la neige abrasive. Les deux à trois premières semaines sont un test, puis l’univers devient complètement familier. On se mue ainsi en animal de l’Antarctique. Le retour est presque plus difficile ! »

7 000 calories par jour

S’étonnant d’une telle capacité de résilience, l’une des participantes s’est interrogée : faut-il suivre un entraînement spécifique pour la pensée ? Laurence de la Ferrière a toujours été convaincue qu’elle saurait trouver elle-même les moyens d’y arriver. « Je n’ai donc pas voulu qu’on me conseille, sauf pour les aspects matériels bien sûr. J’ai décidé de me faire confiance. J’avais calé ma journée sur 24 heures même s’il faisait jour pendant de nombreuses heures. Chaque jour, je m’efforçais de progresser douze heures durant, puis j’installais mon camp, je cassais la glace et préparais le repas (6 000 à 7 000 kcal par jour !). Je repérais ensuite l’itinéraire, passais des appels et tenais mon journal de bord. Enfin je dormais environ six heures, dont seulement deux profondément. Le reste du temps, j’alternais entre une heure de sommeil, suivie d’une demi-heure de grelottements. Mais paradoxalement, ça réchauffe ! »

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Oser se faire confiance

En réussissant cet exploit, Laurence de la Ferrière est allée au bout d’une quête très personnelle. « J’en suis parfois nostalgique, mais c’est trop violent pour le corps, il faut savoir s’arrêter. » Alors après une telle aventure, que fait-on ? L’exploratrice a confié son sentiment d’incompréhension. Elle n’était pas sûre de comprendre les gens ni de se faire comprendre d’eux. Tout lui paraissait agressif. « Il m’a fallu une période de réadaptation presque aussi sérieuse que celle de l’entraînement avant le départ. Ce sont mes filles qui m’ont raccrochée à la vie. » Puis pendant treize mois, elle a pris la direction de la base antarctique Dumont d’Urville, forte de vingt-six personnes, qui restent sans contact avec l’extérieur neuf mois par an : « J’ai été un pilier d’ancrage. C’était passionnant ! » Femme de changements et de défis, Laurence a confié pour conclure cet échange passionnant avec la salle sa recette pour changer de cap : oser se faire confiance, à n’importe quel âge.

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Se réinventer ? Oui, sans hésiter !

Pour sa septième édition, la manifestation annuelle d’EST’elles Executive, « Le manager de demain est une femme ! Êtes-vous prêt(e)s ? », a choisi de mettre en avant un thème une nouvelle fois porteur et inspirant : « Se réinventer, changer de cap ! ». Un sujet que l’événement a lui-même illustré dans son organisation, puisqu’il se tenait pour la première fois de son existence ailleurs qu’à Nancy.

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C’est en effet Metz qui a accueilli le 13 juin dernier cent trente-huit personnes, dont trois hommes, au siège flambant neuf de BPALC (Banque Populaire Alsace Lorraine Champagne), l’un des fidèles sponsors de cette journée exceptionnelle. Krista Finstad-Milion, Présidente d’EST’elles Executive, a comme toujours lancé les festivités avec le brio, le charme et l’énergie qu’on lui connaît. L’occasion de remercier l’implication des sponsors, dont bien sûr le réseau féminin d’EDF, « Énergies de Femmes », le CRPL (le réseau des professionnels de la communication en Lorraine), ICN Business School, la DRDFE (Direction régionale aux droits des femmes et à l'égalité - Grand Est), et un nouveau venu : SNCF. Faisant le parallèle avec le thème de cette édition 2017, Krista a enfin souligné la bonne surprise d’une Assemblée Nationale qui pourrait bien compter 40 % de femmes*. Une évolution politique qui annonce un changement de société ? Une belle occasion en tout cas de se réinventer.

Prendre la vie telle qu’elle est et en faire ce que l’on souhaite

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Dans son discours d’accueil, Sabine Calba, Secrétaire général et Présidente d’Essent’ielles, le réseau féminin BPALC, a confié sa vision du thème de l’édition 2017 : « Se réinventer, c’est être dans le questionnement, c’est-à-dire être vivant, agir, pouvoir choisir. Mais c’est aussi être conduit par la vie ou par le destin. » Pour illustrer son propos, Sabine a rappelé que BPALC a été la première entreprise à signer la charte Cancer@work, qui vise à aider à apprendre à mieux vivre cette terrible maladie au travail et qui concrétise l’engagement des dirigeants et de tous les salariés des sociétés signataires. Comme elle l’a très justement souligné, « typiquement, les femmes atteintes d’un cancer du sein se sont réinventées ». Un bel exemple de changement de cap.

Au 19 juin 2017, les résultats annoncent deux cent vingt-quatre femmes, soit 38,80 %, un taux jamais atteint dans l’histoire de la Ve République (Source : Le Monde).

Une équipe de choc

  • Cheffe de projet : Christine Mavon
  • Communication : Angie Celaya et son équipe : Géraldine Couget (journaliste), Anne-Gaëlle Élie (rédactrice), et Isabelle Spannagel (réseaux sociaux)
  • Photos : Nelly Valais
  • Logistique : Caroline Chery-Burger
  • Coordination des antennes : Renée Chartier
  • Membres : Isabelle Mahieu
  • Finances : Isabelle Cogery, Thérèse Charberet et Isabelle Lemoinne
  • Sponsoring : Sophie Mayeux et Véronique Witzmann

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