Le manager de demain est une femme. Êtes-vous prêt(e)s ? 4é édition

familleLe bilan

Cent cinquante femmes – et quelques hommes - ont participé, le 18 juin au siège de Colas-Est à Nancy, à la quatrième Journée EST’elles Executive, réseau professionnel féminin du Grand Est, sur le thème « Les femmes qui comptent ».
La présidente, Krista FINSTAD-MILION a présenté la journée en rappelant que « le réseau EST’elles Executive est une famille » où il fait bon se retrouver. Elle a remercié les partenaires : Colas-Est, France Initiative, EDF, BPLC, ICN Business School, Nancy femmes et Metz femmes. Krista FINSTAD-MILION est professeur Associée au Département des Ressources Humaines et Comportement Organisationnel à l’ICN Business School de Nancy-Metz. Elle est aussi la première femme et la première étrangère (elle est originaire du Canada) élue maire de la commune de Fontenay, près d’Epinal, dans les Vosges. Elle compte désormais parmi les 16% de femmes élues maires dans les Vosges en 2014 (par rapport à 12,43% en 2008).

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Les femmes dans l’entreprise

Comment les femmes se comportent-elles dans la gestion de leur carrière ? Pour répondre à la question, plusieurs intervenants exerçant des responsabilités dans de grands groupes.

article manager 1Pascal SORNETTE, directeur des ressources humaines à la BPLC, constate que 90% des candidatures qu’il reçoit proviennent de femmes. « Elles sont plus motivées pour les métiers de la banque que les hommes ». Pourtant, le taux d’encadrement féminin n’est que de 38%. Et, à l’état-major, il n’y a pas une seule femme ! Mais les choses s’améliorent grâce au réseau féminin Les Essentielles du groupe BPCE (Banques Populaires, Caisses d’Epargne).
Céline SZCZYRBA est DRH à EDF Commerce Est. Pour elle, les femmes gèrent leur carrière « au coup par coup » à l’opportunité, avec le souci de faire le maximum à chaque fois. « J’ai construit ma carrière comme ça, sans forcément me projeter sur un poste en particulier. Je pense avoir trouvé ma vocation. » à EDF, on compte 24% de femmes mais l’objectif est de passer à 30 d’ici 2015 et de « féminiser la tête de l’entreprise. »
Jérôme LAGABE est directeur commercial à Colas-Est. Dans son entreprise, les femmes ne représentent que 6% des effectifs. Dans son équipe, il y a deux femmes sur six personnes. « Oui, pour elles, la vie familiale occupe une place plus importante que pour les hommes, dit-il, même si les choses sont en train de changer. » En province, c’est assez compliqué pour une femme. « Mon épouse a sacrifié sa carrière pour me suivre »
Vincent MATHIEU, DRH de Novasep (industrie biotech et biopharma)reconnaît que son métier est « très masculinisé » même si le seul objectif de l’entreprise est de trouver « la bonne compétence », qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme. « Chez nous, fixer des objectifs de parité serait absurde. Tout est question d’opportunité, d’envie et de talent. »
Céline MUNIER est directrice des ressources à l’ICN Business School de Nancy-Metz. L’une de ses collaboratrices a dû refuser une promotion d’encadrement à cause de ses obligations familiales. Les femmes s’organisent pour faire face à toutes leurs obligations.

Les femmes comptent-elles ?

Deux femmes pour parler d’argent. Patricia NONDIER, psychothérapeute et psychanalyste. Ingrid VOLERY, maître de conférences à l’Université de Lorraine, membre du Laboratoire Lorrain de Sciences Sociales (2L2S).
PatriciaPour Patricia, l’argent « apporte sécurité et estime de soi. » Elle rappelle que les filles ont été bercées par des contes de fées. Le Prince charmant vient sortir Cendrillon de sa pauvre condition. Heureusement, les choses changent. La femme veut être libre et indépendante.
Elle culpabilise moins. Elle est habituée à gérer, à prévoir, à parer à toute difficulté. Mais la psychothérapeute observe aussi un paradoxe du comportement féminin : « La femme est capable d’économiser beaucoup mais elle dépense aussi beaucoup. »
Ingrid

Ingrid rappelle qu’ « autrefois, c’est le sang qui donnait la position sociale. Aujourd’hui, c’est l’argent. » Les études qu’elle a menées sur le sujet montrent que « la femme met plus facilement au pot commun du ménage, avec son propre argent, et elle en tire une gratification. »
Mais trois quarts des femmes sont tenues pour responsables des dépenses. L’argent fait-il le bonheur ? « C’est un instrument majeur d’émancipation ».

article manager 9Olympe de Gouges, auteure de la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne

L’historien Olivier BLANC a rendu hommage à Marie Olympe Gouze, dite Olympe de Gouges, née à Montauban le 7 mai 1748 et morte guillotinée à Paris le 3 novembre 1793. Auteure de la Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques de la femme et de l’abolition de l’esclavage des Noirs. Elle a monté sa propre troupe de théâtre et se rendit célèbre par la pièce L’esclavage des noirs ou l’heureux naufrage. Elle est considérée comme l’une des pionnières du féminisme français.

 

Les femmes chefs d’entreprise

« Des femmes exceptionnelles » C’est ainsi que Claude ENTEMEYER directeur à la Délégation interrégionale Grand Est d’EDF, président du réseau Entreprendre Lorraine, a présenté trois femmes qui ont franchi le pas pour créer leur entreprise ou accompagner la création d’entreprise : Virginie NEGRETTI, présidente de LORMATECH, Christelle GOURRIER, gérante d’Accedia Solutions et Marie-Pierre DARDAINE, directrice de la PFIL Initiative Grand Nancy.

Témoignages

Un film présente Virginie Négretti et Christelle Gourrier, puis elles répondent à la question de savoir si c’était plus dur pour une femme que pour un homme de créer une entreprise.

VirginieVirginie, ingénieure INSA de Rouen, diplômée en énergétique et propulsion, a débuté sa carrière en Lorraine comme ingénieur Gestion de production dans le conseil pour un groupe d’usines sidérurgiques. Lauréate du réseau Entreprendre, elle fête le deuxième anniversaire de son entreprise, LORMATECH (pour LORraine, MAnagement, TECHnologies) dont l’activité est d’accompagner les entreprises dans l’optimisation de leurs performances. Aujourd’hui, elle a embauché huit personnes dont six ingénieurs. « Je n’ai pas rencontré de difficultés particulières en tant que femme. J’ai passé les étapes naturellement, au fur et à mesure du développement de l’entreprise. » L’équilibre familial ? « C’est moi qui définit les heures de réunion ! »

ChristelleChristelle, dirigeante d’Accedia Solutions est également lauréate du réseau Entreprendre. Son entreprise, spécialisée dans les travaux d’accessibilité, réalise des adaptations dans les logements pour permettre le maintien à domicile des occupants (domotique, aménagements intérieurs etc.). Accedia Solutions a été créée en octobre 2013, après avoir rencontré Claude Entemeyer, l’année dernière, lors de la journée EST’elles Executive. « Ce n’est pas plus compliqué de créer une entreprise, bien que l’on m’a demandé si mon mari n’était pas interdit de gestion, si j’avais des diplômes… Il faut faire face à des situations nouvelles. Quand on a trois enfants, il faut organiser la logistique familiale. Prévoir, organiser et déléguer, voilà les maîtres-mots. »

marie pierreMarie-Pierre, est directrice de la PFIL (plateforme d’initiative locale) Initiative Grand Nancy et accompagnatrice de projets de création d’entreprises pour Promotech. Elle constate qu’il y a 70% d’hommes pour 30% de femmes parmi les porteurs de projets. Elle souligne que les femmes ont besoin de dire pourquoi elles créent. Il y a une quête de sens dans l’entreprenariat féminin. Elles attendent de nous que l’on valide leur projet. Le projet des hommes est fondé sur la compétence et leur technicité. Le projet des femmes fait appel à des compétences transverses. On évoque davantage le contexte.
En tout cas, le taux de pérennité des entreprises à trois ans est identique pour les hommes et pour les femmes.

 

Autoportrait d’une rebelle

Elle a remplacé Anne CHATAURET au pied levé. Michèle LARCHEZ a témoigné, à travers son propre parcours, du rôle et de la place des femmes dans l’entreprise et dans la société, en clôturant la journée EST’elles Executive, le 18 juin à Nancy. Michèle est née dans un village de Moselle. Elle a « une mère exceptionnelle » qui a marqué son éducation. Au lycée, elle se passionne pour les langues, apprend l’anglais avec les chansons des Beatles. Elle est retenue pour faire sa terminale à Londres. Puis elle fait prépa à Strasbourg, Normale Sup’, la Sorbonne. Elle obtient une bourse pour passer un an aux Etats-Unis.

Ouvrages sur le handicap

A 22-23 ans, Michèle LARCHEZ passe une année en Afrique noire. Elle se marie mais refuse de changer de nom. De retour en France, elle suit les cours de l’Ecole des attachés de presse, dirige le journal de la Ville de Paris. Puis elle passe son doctorat en sciences de l’information et de la communication (CELSA-Sorbonne). En 1984 elle est responsable de la communication chez Bull et s’installe en Alsace. C’est là que naît Nicolas. Il est autiste. Désormais, elle se mobilise au service de la cause du handicap. « La France a été condamnée cinq fois pour n’avoir pas respecté le droit à la scolarisation des enfants autistes dans les écoles de la République. » Sept ans après son arrivée en Alsace, Michèle LARCHEZ est licenciée pour raison économique. Comment surmonter tant de tristesse et de colère ? « J’ai décidé de me battre ». Elle reste en Alsace car « le changement, pour un autiste, c’est l’horreur absolue. » Elle poursuit sa carrière comme directrice de la communication dans une grande entreprise. Elle est aussi maman d’une fille, Lorraine. Elle fonde Autisme Alsace en 1994 avec d’autres parents, elle écrit plusieurs ouvrages sur le handicap qui font autorité et seront traduits dans plusieurs langues, elle participe en tant que conférencière à de nombreux congrès dans le monde sur l’autisme. « On est plus fort » En 2002, Michèle LARCHEZ est dir-cab du directeur d’EDF à Strasbourg. En 2008, il lui propose un poste à Paris. « Mais il y a Nicolas. Je voulais un endroit où il soit heureux. » Nicolas est accueilli à la Fondation protestante Sonnenhof à Bischwiller dont elle devient vice-présidente. Michèle est membre du réseau de femmes EDF Interp’elles, de Femmes d’Alsace, du réseau EST’elles Executive, elle est auteur de recherches sur la condition féminine et de l’ouvrage « Le Défi de la parité » (2002). En 2012, elle est déléguée générale de l’association Elles Bougent visant à inciter les jeunes femmes à choisir des formations scientifiques. « J’aime l’idée de réseau. A plusieurs, on est plus fort. C’est un lieu d’échanges. C’est aussi un endroit où aller quand rien ne va plus. » Michèle LARCHEZ reçoit des Palmes Académiques et chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur qui ne compte, hélas, que 12,7% de femmes !

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Nom du Fichier : Bilan journée du 18 juin 2014

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