« Le soutien de mon entourage a été primordial »

Catherine Kindo

Quand l’entité strasbourgeoise du laboratoire Roche, où elle était employée en tant que chef de projet, a fermé, Catherine Kindo a été licenciée économique. Elle a profité de son projet de reclassement pour intégrer le programme EMBA en 2013. Un souhait qu’elle nourrissait en fait depuis de nombreuses années : « Je suis pharmacien de formation, ai été interne et travaillais dans le développement de médicaments. Quand mon mari a été muté pour deux ans en Amérique du Nord il y a une dizaine d’années, j’ai souhaité ajouter une corde à mon arc en me familiarisant avec la gestion et la finance via un MBA. Mais sur place, nous n’avions pas les moyens de financer ma scolarité. De retour en France, nous avons eu deux filles et j’ai travaillé chez Roche pendant sept ans, mettant donc mon projet de côté. Jusqu’à ce licenciement économique. »

Un soutien essentiel

Pendant les dix-huit mois qu’a duré le cursus, Catherine a totalement changé de rythme de vie. Tout en continuant à s’occuper de ses enfants, alors âgés de 8 et 10 ans, elle s’est lancée dans l’aventure : « C’est un énorme engagement personnel et familial. Personnel, car c’est dur de se remettre aux études, de surcroît en anglais. De plus, je partais de zéro dans la quasi-totalité des matières. Je ne connaissais rien à la finance ou à l’économie… J’ai donc travaillé et lu énormément, y consacrant mes soirées, une partie des week-ends, et même les vacances. Familial aussi, car il faut obtenir le soutien de ses proches. C’est une condition sine qua non, sans l’obtention de laquelle il est difficile de réussir ! Décrocher un EMBA demande en effet de mettre en retrait beaucoup de choses, de laisser de côté sa vie sociale. Sans le soutien de mon mari, je n’y serais pas arrivée… » Au final, Catherine a vécu une belle période de découvertes et de rencontres, parfois devenues amicales. « On est poussé dans ses limites et hors de sa zone de confort, ce qui nous fait progresser sur le plan personnel. Les séminaires à l’étranger m’ont permis en outre de gérer de façon quasi professionnelle des cas réels et donc d’avancer, de donner le meilleur de moi-même pour convaincre le jury professionnel extérieur. Il a fallu relever fréquemment des défis. C’est si intense que je me suis sentie un peu vide quand cela s’est terminé ! »

Un choix réfléchi

Une fois diplômée — la première femme major de sa promotion dans la vie du programme — Catherine ne s’est pas remise sur le marché du travail immédiatement. Elle s’est en effet rendu compte que sa double casquette (son expérience professionnelle et l’EMBA) pouvait dérouter les recruteurs : « Je me trouvais un peu en décalage : j’étais en effet surdiplômée pour certains postes, mais sans expérience professionnelle pour ceux de dirigeant, par exemple. Ce n’était donc pas évident de me positionner. » Finalement, elle a effectué en juin dernier un virage à 180 degrés en rejoignant l’entreprise créée par un collègue de promotion dans le domaine ferroviaire, secteur d’activité à mille lieues de la pharmacie et des laboratoires. Pour elle, rien de tout ceci n’aurait été possible sans l’EMBA. Un choix qui doit se faire en connaissance de cause : « C’est une aventure qu’il faut tenter si on en a l’envie, c’est-à-dire si l’on est sûr de son engagement personnel et qu’on bénéficie bien à 100 % du soutien familial ou de son entourage. »

© Géraldine COUGET
Equipe de rédaction EST'elles

« J’ai bénéficié d’un élan extraordinaire »

Claudine« En 2007, Dow Chemical Allemagne, où j’étais cadre moyen, traversait une période de restructuration avec des plans de licenciement à la clé. Pour ma part, je ne voulais pas passer toute ma vie dans la même société, mais me donner les moyens de m’intégrer dans une autre boîte, en capitalisant sur mon expérience et en me redynamisant par le biais d’une formation reconnue », explique Claudine Stephan. C’est donc pour donner un nouveau tournant à sa carrière mais aussi à sa vie de manière générale qu’elle s’est inscrite à l’EMBA d’ICN Business School. À cette époque, Claudine avait 48 ans et craignait de devoir quitter son emploi et se retrouver au chômage. Saurait-elle se vendre encore auprès d’une entreprise à son âge, même avec son bagage professionnel ? « Mon choix était osé pour une femme divorcée élevant seule ses deux enfants. Ceci dit, j’ai eu la chance de bénéficier d’une prime de départ qui m’a assuré une sécurité financière durant la période de transition en question. »

Une nouvelle jeunesse

Tout au long des dix-huit mois d’enseignement, Claudine a continué à travailler : d’abord à son poste chez Dow Chemical, puis trois mois dans une autre entreprise, avant de rejoindre Alcatel en janvier 2009, alors que le grand oral de l’EMBA était programmé pour mars : « Je n’ai pas eu de mal à concilier les deux. La priorité pour moi était le MBA. Je connaissais en effet mon métier sur le bout des doigts et étais donc capable de le gérer vite et bien. » Sa promotion comptait essentiellement des hommes. Au départ, elle a eu des difficultés à s’affirmer et se montrait timide, son naturel plutôt discret prenant le dessus. « Apprendre à s’imposer dans un groupe d’hommes, être prise au sérieux, se sentir à l’aise dans un environnement masculin n’est pas si simple ! Cependant ma capacité à me remettre en question a été récompensée, cela m’a donné un élan extraordinaire. J’ai gagné en confiance en moi, vécu une nouvelle jeunesse, et rencontré de nouvelles personnes au sein du cursus venant d’horizons différents. Cela m’a oxygéné la tête et ouvert l’esprit. La motivation, le courage et le travail paient au final », se félicite-t-elle. Celle qui s’estimait peu douée pour certaines matières, doutant de ses compétences, a compris que l’essentiel était de s’intéresser au sujet afin de se débarrasser de ses blocages psychologiques et ainsi atteindre son but.

Des attentes importante

Obtenir l’EMBA a permis à Claudine à gagner en crédibilité et à être recrutée par un grand groupe, Alcatel Lucent Enterprise. Depuis 2009, elle y occupe le poste d’International Customer Service Manager. Grâce au programme, elle a compris les liens existants entre les différentes fonctions et quels moyens mettre en œuvre pour appréhender une situation complexe et atteindre des résultats satisfaisants. Cependant, le diplôme ne suffit pas : « On attend beaucoup de quelqu’un qui a un MBA et n’hésite pas à le mettre en difficulté. Il faut être forte pour ne pas se laisser déstabiliser, beaucoup travailler et être capable de supporter des horaires lourds… Du moins en entreprise. Si on fait le choix de travailler à son compte, les challenges sont différents. »

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« J’ai pu appliquer immédiatement dans mon travail ce que j’ai appris en cours »

Christine Fisher « Si j’ai décidé de m’inscrire à l’EMBA en 2014, c’est avant tout parce que je souhaitais donner un coup de pouce à ma carrière. Je travaillais à l’époque dans une banque au Luxembourg en tant qu’analyste d’affaires, raconte Christine Fisher, qui est américaine. Il est de plus en plus important d’avoir ce type de diplôme sur son CV, en tout cas dans ma branche professionnelle. Surtout, cette décision représente un tournant positif dans la vie des gens. Cela permet de se développer sur le plan personnel comme professionnel. Des amis et des membres de ma famille qui ont suivi un MBA m’ont encouragée dans cette voie. Et quand j’ai échangé avec Carine Sonntag sur les objectifs du programme et la manière dont il est organisé, j’ai su que cela me conviendrait parfaitement ! » Christine n’a pas pour autant laissé tomber son poste et concilié les deux activités tout au long du programme. Pour gérer au mieux son temps et le stress, elle s’est astreinte à étudier chaque jour un peu, afin de ne pas prendre de retard : « Il n’était pas question de remettre les choses au lendemain ! Cette organisation m’a beaucoup aidée à profiter au maximum des cours et de l’enseignement. Certes, j’ai mis ma vie privée entre parenthèses, mais j’ai quand même toujours su garder un peu de temps pour moi. » Un équilibre qui permet de garder la tête sur les épaules.

Une nouvelle liberté

Suivre un tel programme n’a rien d’aisé. Christine insiste sur l’importance pour tout aspirant d’en avoir bien conscience : « Tout est fait pour que nous quittions notre zone de confort, afin de grandir. Et même si certains moments sont vraiment durs, voire douloureux, cela en vaut vraiment la peine. Je recommande à tous ceux qui veulent apprendre et se développer encore à tenter l’aventure. » Pour surmonter ces obstacles, Christine s’est focalisée en permanence sur son objectif, ne perdant pas de vue que le programme, c’était surtout ce nouveau parcours, ces liens tissés avec les professeurs et ses collègues de promotion, et naturellement le diplôme. « Je voulais m’imprégner au maximum de connaissances et d’expériences nouvelles, et franchement, je n’ai pas été déçue, reprend-elle. Je ne dirais pas que chaque instant a été agréable… Sortir complètement stressée d’une présentation où j’étais sûre d’avoir été nulle n’est pas un sentiment que j’adore. Mais interagir avec les enseignants et mes collègues, apprendre de leur expérience, puis apporter ma propre contribution et partager mes réflexions donne une certaine liberté qu’on connaît rarement au quotidien dans sa vie professionnelle ! »

Une expérience unique

Grâce à ces dix-huit mois d’enseignement, Christine a appris beaucoup, même si elle avait déjà suivi certaines des matières des années en arrière : « Quand j’étais à l’université, je voyais les choses différemment. Là, j’ai bien mieux saisi et exploité ce qui m’a été enseigné pendant cet EMBA. J’ai même pu l’appliquer immédiatement au travail et mes résultats s’en sont ressentis. Mes collègues s’en sont rendu compte, ainsi que ma hiérarchie, et j’ai eu beaucoup de réactions positives ! Ils ont aussi apprécié que je propose de nouvelles pratiques, de nouveaux outils. Cela a permis d’ouvrir la porte à d’autres approches ou idées pour des projets en cours ou des tâches quotidiennes. » Aujourd’hui, Christine a décroché un poste d’analyste commerciale chez SGG Group, toujours au Grand Duché. Elle se consacre au développement commercial. Son conseil aux aspirantes au programme ? « Si vous êtes consciente de l’investissement nécessaire pour profiter à fond de ce que l’EMBA peut vous apporter, alors lancez-vous et ne vous retournez pas. Cette expérience qui change totalement la vie vous rendra plus forte. Vous ne le regretterez pas ! »

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« Ce programme m’a apporté beaucoup de satisfactions »

Giselle

Quand Gisèle Kanny a décidé de suivre le programme en 2006, elle était chef de service hospitalier - directrice d'équipe de recherche. « J’ai intégré l’EMBA car je devais encadrer des équipes, or je n’avais jamais été formée au management. J’ai suivi les cours tout en travaillant : ce programme était pour moi un espace de détente et d'enrichissement personnel. Concilier les cours avec ma vie privée m’a semblé facile et positif », se souvient-elle. Gisèle était la seule femme de sa promotion, ce qui a entraîné des réactions contradictoires de ses collègues : « Ils portaient sur moi des regards à la fois positifs par rapport à mon statut professionnel, et en inadéquation avec mon statut de femme. Si difficulté il y a à être une femme dans ce type de programme, elle est liée à l'image de notre position dans la société. J'étais un peu en décalage par rapport au reste de la promotion. »

Une révolution en marche

Suivre ce programme a apporté beaucoup de satisfaction à Gisèle : « La connaissance, le plaisir de grands moments de convivialité, le soutien de l'équipe pédagogique et des étudiantes des promotions précédentes, la métamorphose de la problématique en EST'elles Executive, etc. Chaque année la journée “Le manager de demain est une femme” me ressource et me permet de mesurer le chemin parcouru et à parcourir… »
Cependant, l’obtention du diplôme en 2008 l'a propulsée dans des logiques de raisonnement qui n'étaient pas celles du monde médical. Ses actions ont rencontré deux freins dans l'exercice de ses responsabilités : le fait d'être une femme et de raisonner différemment. « On compte moins de 5 % de femmes professeurs de médecine, rappelle-t-elle. Sans compter la grande lame de fond qui accompagne les grandes mutations du système de santé ! Mais ce qui ne tue pas rend plus fort. Et aujourd'hui, la révolution est en marche et je suis heureuse de diriger une équipe dédiée aux pratiques innovantes en santé. » Gisèle est en effet devenue directrice d’un laboratoire d'hydrologie et de climatologie médicales assurant les responsabilités universitaires dans le domaine de la santé environnementale et du thermalisme. Pour elle, les femmes qui sont intéressées par l’EMBA doivent s'engager : « Ce que nous avons construit est encore très fragile et l'actualité nous le rappelle tous les jours… »

© Géraldine COUGET
Equipe de rédaction EST'elles