Les entreprises dirigées par les femmes sont-elles vouées au succès ?

dirigées par des femmes1Les entreprises dirigées par les femmes sont-elles vouées au succès ?

Même si le chemin pour arriver à décrocher un poste de dirigeante n’est la plupart du temps pas aisé, une fois au sommet, les femmes apportent en général à leur entreprise succès et chiffre d’affaires en croissance. Comment expliquer la surperformance des boss en jupons ? Voici quelques pistes de réflexion.

Un constat sans appel

C’est une bonne nouvelle et un fait indéniable: les sociétés dirigées par les femmes superforment. Depuis 2009, l’index établi par Women Equity Partners, le premier programme dédié aux PME de croissance dirigées par des femmes, en atteste chaque fin d’année. Et l’édition 2014 n’a pas dérogé à la règle. Réalisé en partenariat avec l’ENSAE (École nationale de la statistique et de l’administration économique), le Women Equity Growth Index met en avant les 50 entreprises les plus performantes dirigées par des femmes, sur la base des performances annuelles de 40 000 PME de croissance — ces dernières répondant à deux critères : elles existent depuis trois ans au moins et réalisent un chiffre d’affaires compris entre 4 millions et 100 millions d’euros. Dévoilé le 15 décembre dernier, le palmarès a établi qu’une PME sur deux avait un chiffre d’affaires (CA) supérieur à celui moyen de l’index et que la même proportion s’était développée à l’international. Les cinquante lauréates emploient ainsi près de huit mille collaborateurs et cumulent un milliard trois cent mille euros de CA. Depuis 2010, ce dernier a crû de 24,4 % et rien qu’en 2013, il a pris 24,8 % ! Pour le moment, on ne peut étendre ces observations aux ETI et encore moins aux grandes entreprises, car, comme nous l’avons vu dans un précédent article, les dirigeantes n’y ont pas encore beaucoup de place. En attendant, on ne peut que se réjouir que les PME dirigées au féminin soient synonymes de levier de performance pour l’économie française.

dirigées par des femmes3Attendues au tournant

Comment expliquer ce phénomène ? Nombre d’observateurs et de spécialistes de la question estiment que les femmes qui ont pris les manettes de l’entreprise sont attendues au tournant par tous. Les contraintes qu’elles subissent sont donc plus fortes que celles de leurs homologues masculins. Et pour réussir, elles se voient obligées de faire montre de capacités plus importantes. C’est le cas dans tous les secteurs, et plus particulièrement dans des domaines encore largement réservés aux hommes (industrie, construction, etc.). Sans oublier les partenaires naturels et incontournables des entreprises que sont les établissements bancaires ou encore les fournisseurs, entre autres… C’est un fait : la suspicion règne quand une femme mène la danse et elle doit travailler au moins deux fois plus qu’un homme pour prouver à ses détracteurs qu’ils ont tort. Obligées de donner le meilleur d’elles-mêmes, les dirigeantes surperforment… et cela devient pour elles une habitude. Outre une meilleure croissance, les entreprises où le boss se conjugue au féminin adoptent en général une excellente organisation, comme le signalait déjà en 2007 une étude de McKinsey & Company, « Women matter ». Autre avantage : des conditions de travail améliorées. Selon l’Anact (Agence nationale des conditions de travail), quand les femmes prennent la barre dans des équipes traditionnellement masculines, la répartition des tâches et le bien-être au travail y gagnent.


dirigées par des femmes2Des leaders comme les autres ?

Mais y a-t-il seulement une réelle différence entre les dirigeants hommes et femmes ? Ne s’agit-il pas plutôt d’un type de leadership — que l’on dit féminin, car il se caractérise par des qualités soi-disant du beau sexe, telles que la bienveillance et l’altruisme, par exemple — qui permettrait d’obtenir le meilleur de son organisation et de ses collaborateurs ? On est en droit de se poser la question. Une recherche publiée en 2013, compilant les résultats de vingt-cinq enquêtes européennes et américaines sur les qualités attribuées à environ 20 000 cadres dirigeants (dont 7 016 femmes), ainsi qu’une étude française, « L’impact du genre sur les traits de personnalité des leaders et les effets sur leur style de leadership », montre que les collaborateurs interrogés ne font pas de différence entre les deux sexes. Les dirigeantes seraient donc des leaders comme les autres ? Ce n’est en fait sans doute pas le genre qui fait le meneur, mais la façon d’exercer le leadership. La formule magique est composée d’un savant équilibre entre des caractéristiques typiquement féminines et d’autres perçues comme étant traditionnellement masculines. Quoi qu’il en soit, la reconnaissance des qualités et des capacités des femmes pour mener leur entreprise à la réussite demeure un must pour développer encore leur place à la tête des entreprises et laisser se former un cercle vertueux. Plus elles seront des patrons visibles, plus on pensera à elles pour enfiler le costume du capitaine.

Géraldine Couget
© Géraldine COUGET
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