« Je suis un peintre sans pinceau »

Chris Novam

« Je suis un peintre sans pinceau »

Chris Novam, auteur photographe. Son art : photographie des éléments de rouille de si près qu’ils en deviennent des tableaux abstraits.

Durant les vingt premières années de sa vie, la petite Christine suis ses parents partout où ils vont avec à la main…un appareil photo ! « A 8 ans déjà, je photographiais ma famille et nos balades en bord de mer lors des vacances. J aime l’atmosphère qui y règne, les couleurs, les ports en pêche. Cela bouillonne d’images, de vie… Tous naturellement j’en suis venue photographier les bouées, les bateaux, puis leurs moteurs ! »
Chris Novam EXPOSolitaire dans l’âme, Chris Novam peut passer des heures accroupies, l’œil rivé au viseur de son appareil photo, à observer un détail « pour savoir comment je vais le photographier au mieux. Les gens qui me voient sont très intrigués. Parfois, ils doivent me prendre pour une folle. J’aime beaucoup aller dans les déchetteries marines, alors je vous laisse imaginer leurs réactions ! » Eclat de rire.

Dans les années 90, Chris Novam décroche un stage de deux mois dans l’agence Magnum « un véritable rêve. Aujourd’hui encore j’en suis fière. Voir passer les photographes majeurs de cette génération a été pour moi extraordinaire ». Et elle participe même au salon des artistes décorateurs au Grand Palais, à Paris. « J’ai exposé un de mes moteurs en 4x3 (ndir : 4 mètres de long par 3 mètres de large, comme les panneaux publicitaires). A l’époque je n’avais absolument pas les moyens de financer un tel format. Je suis allée au culot voir un reprographe et il a accepté de m’agrandir ma photo gratuitement ! »

Des moteurs…à la rouille

Ce sont donc les détails et les très gros plans qui intéressent l’artiste. Des moteurs de bateaux, Chris Novam décide alors de photographier la rouille qui s’y installe.
« Je dis toujours que je suis un peintre dans pinceau ! La rouille qui se forme sur la ferraille est pour moi un tableau abstrait. Cette matière est un véritable sujet d’investigation. Dans mon viseur, je le capte, le fixe et immortalise. J’y perçois des marques humaines et des signes de vie » explique l’artiste – pour sélectionner quelques détails. « Je découpe complètement mon modèle, centimètre après centimètre, à tel point que ceux qui regardent mes photos ne peuvent absolument pas savoir quel est l’objet initial. »

Alors, les gens «  se racontent des histoires. Ils y voient un personnage, un animal. Cela parle à leur imaginaire. » Une madeleine de Proust en quelque sorte. Du temps, où, enfant, on regardait les nuages se transformer en bêtes sauvages

Deborah Levy

© Déborah LEVY
Membre d’EST'elles Executive
Journaliste freelance

EST'elles Executive se présente aux travailleurs-euses frontaliers-ères

geric2Notre réseau inaugurait cette année sa participation à la Journée des Frontaliers Lor&Lux, samedi 18 novembre à Thionville.

EST’elles Executive y était représenté par Caroline Chery-Burger, secrétaire et coordinatrice à Metz, Isabelle Spannagel, coordinatrice à Luxembourg et Françoise Streck, membre active de l’association.
Elles ont informé les travailleurs-euses frontaliers-ères désireux-ses de connaître l’association et ses activités, plus particulièrement concernant les antennes de Luxembourg et Metz. >> Lire la suite